Encore aujourd’hui, notre mobilité est malheureusement trop centrée sur les déplacements individuels en voiture. Ces trajets représentent plus de 80% des kilomètres parcourus à travers le pays. Le degré de saturation des voiries est un problème croissant pour les conducteurs… Personne ou presque n’y échappe. On note également que les défis environnementaux réclament dès à présent des actions ambitieuses et cohérentes, que ce soit d’un point de vue organisationnel de la société ou d’un point de vue offre et demande de transport.

Pour la majorité d’entre nous, mobilité rime avec embouteillage, problème de stationnement, ou encore pollution. Il est donc nécessaire et primordial de réfléchir à des solutions qui proposent davantage de fluidité, un meilleur respect de la santé et de l’environnement.

 

Il est également important de s’attarder sur quelques chiffres et constats alarmants : la pollution de l’air par le trafic routier tue des milliers de personnes chaque année (IEW – EEA) et on estime en moyenne entre 1 et 2% du PIB la perte liée aux embouteillages (OCDE). Diminuer les niveaux de pollution atmosphérique, c’est réduire la charge de morbidité imputable aux accidents vasculaires cérébraux, aux cardiopathies, au cancer du poumon et aux affections respiratoires chroniques ou aiguës, y compris l’asthme (OMS). Si rien ne change, d’ici 2030, on assistera à une augmentation des voyageurs par kilomètre de 20%, une diminution des vitesses de circulation de 29 % en heure de pointe, ou encore un accroissement des émissions de gaz à effet de serre de 12 % malgré l’amélioration de l’efficacité énergétique des véhicules et des carburants.

 

La vision FAST

Pour repenser la mobilité en terme d’accessibilité, de fluidité, de sécurité et de santé, il est possible de s’appuyer sur le modèle de la multimodalité. Une solution qui combine efficacement les divers modes de transport et permet une accessibilité optimale. La multimodalité réduit ainsi les symptômes directs du transport (embouteillages et problèmes de stationnements) et les symptômes indirects (pollution et paralysie de l’économie).

L’objectif est de garantir à tous, et en particulier aux habitants des zones rurales, une accessibilité aux biens et services tout en réduisant drastiquement le nombre d’accidents de la route, les embouteillages et les émissions de gaz à effet de serre de 40%.

Il faut donc modifier les parts modales des différents modes de transport ou enclencher le transfert modal :

  • La voiture représente actuellement plus de 80% des parts de transport. Elle est notamment à l’origine de 95% des émissions de gaz à effet de serre et des problèmes d’encombrement sur les routes . L’occupation moyenne d’une voiture en terme de passagers est de 1.3, ainsi un déplacement sur 2 s’effectue avec 2 passagers. L’objectif est d’augmenter cette occupation à hauteur de 1.8 (soit 4 déplacements sur 5 s’effectuent avec 2 passagers). Pour atteindre cet objectif, il faut privilégier le covoiturage et d’autres modalités de partage de voiture.
  • Les transports en commun représentent quant à eux 13% des déplacements, c’est assez peu comparé à la voiture. Cette alternative doit devenir crédible et efficace pour tous afin d’augmenter sa fréquentation.
  • Le vélo représente à l’heure actuelle seulement 1% des déplacements, et la marche 3%. Ces deux derniers constituent pourtant une amélioration notable de la santé des citoyens. Il est donc important de retravailler les structures, et déclencher une prise de conscience quant aux bienfaits de ces modes de déplacement pour se rendre au travail par exemple, qui s’apparentent à une activité sportive quotidienne.
  • Le télétravail et les espaces de coworking sont également des alternatives possibles aux problèmes de mobilité.