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SmartCity : l’Utopia des temps modernes

1,4 trillion de dollars, c’est le chiffre que devrait atteindre le marché mondial de la Smart City d’ici 2020. On entend beaucoup parler de projets ou de concepts « smart » ces dernières années. A croire que jusqu’à présent nous ne l’étions pas…  Rassurez-vous, le terme smart dont il est question ici trouve son explication dans la science des datas et des nouvelles TIC (technologies d’information et de communication).  La SmartCity n’est ni une ville réservée uniquement aux intellectuels d’un QI supérieur, ni une ville futuriste animée par un trafic de véhicules volants. Cette smart-nomination est pourtant convoitée par n’importe quelle ville qui se respecte ! D’un sens, qui n’aimerait pas être officiellement qualifié d’intelligent ? Quand la data est le nouvel or noir, la SmartCity est l’Utopia des temps modernes.

 

Alors que les villes n’occupent  que 2% de la surface terrestre, plus de la moitié des individus y vivent. La surpopulation et l’urbanisation sont de véritables défis pour les villes et leurs élus. Les communes doivent, par exemple, constamment s’adapter aux nouvelles règlementations européennes en matière de développement durable. Des actions et des résultats concrets sont attendus en matière de gestion des déchets, de mobilité ou encore d’économie locale. Il est vrai que les projets menés en terme de développement durable au sein d’une ville peuvent grandement contribuer à réduire l’empreinte écologique des citoyens. Mais les moyens à mettre en œuvre sont coûteux, et toucher chaque habitant dans un laps de temps très court est particulièrement complexe. Certains restent insensibles aux problèmes environnementaux, et il est impossible d’immobiliser leur véhicule de force ou de leur couper l’électricité.

On rêve alors d’une ville qui dans son ensemble et dans son intégrité, respecte aussi bien l’environnement que les citoyens.  Une ville qui répond aux besoins de chacun, efficacement, rapidement et de manière éco-responsable. Avec l’implication des habitants dans une logique de démocratie participative, l’open source et l’innovation, une telle communauté devient… Smart ! Même si à première vue on pourrait penser que ces villes ne sont qu’utopie, les SmartCities existent, leur secret ? Les données !

 

 

Grâce aux nouvelles technologies qui permettent la collecte et le traitement des données, agir efficacement à la fois pour l’environnement,  pour la vie quotidienne des citadins et pour l’économie d’une ville est possible. Pour comprendre et répondre aux besoins de la population tout en préservant les ressources naturelles, des données accessibles à tous repèrent les problèmes et après traitement, y apportent des solutions. Ce système peut s’appliquer à l’économie, la mobilité, l’environnement, l’administration, aux habitants et à leur mode de vie. C’est ainsi que les lampadaires vont s’intensifier pour éclairer votre chemin au retour d’une soirée entre amis, que votre téléphone vous indiquera la place de parking la plus proche, qu’un mécanicien interviendra sans même que vous l’ayez demandé pour la fuite d’eau sur votre pallier, ou encore que vos poubelles ne seront ramassées seulement une fois le conteneur plein. « Mesurer pour adapter » : l’idée est de relier toutes les informations entre elles pour pouvoir les exploiter de façon à réduire la pollution ou le gaspillage des ressources et améliorer le quotidien des citoyens.

La SmartCity peut tout à fait orienter sa politique selon ses propres spécificités culturelles et territoriales : choisir de favoriser la création d’emplois locaux et durables, ou mettre l’accent sur les espaces verts de la ville et le mieux vivre ensemble. Sans oublier que, dans une logique participative et de transparence, les citoyens libres et autonomes sont partie prenante.

 

Le projet Songdo

 

Le projet SmartCity considéré comme l’un des plus ambitieux est celui de la ville de Songdo, en Corée du Sud. Encore inexistante il y a 13 ans, Songdo compte aujourd’hui près de 100 000 habitants et est considérée comme une ville intelligente du futur.

Vue de la G-TOWER à Songdo, Incheon

 

 

Vous jetez par mégarde un déchet recyclable ? Votre poubelle vous prévient ! 35% d’espaces verts, des écoles jamais plus loin qu’à dix minutes de marche de partout, des feux de circulation qui s’adaptent au trafic en temps réel, des rues systématiquement séparées en espaces piétons, vélos et autos… Et pourtant, cette ville ne fait pas l’unanimité. Songdo a attiré moins d’habitants et d’entreprises innovantes que prévu. Inaccessible au Coréen moyen, dépourvue de pauvres, de vendeurs de rue ou de personnes âgées, les larges avenues sont « bien vides » et la ville apparaît « sans âme » aux yeux de certains. Nombreux de ses habitants apprécient justement ce côté propre, neuf et sécurisé. Avec 500 caméras chargées de réguler la circulation mais aussi de détecter les comportements « suspects », la simple ouverture d’une plaque d’égout est directement signalée à l’immense centre de contrôle. N’y faites pas tomber vos clés… Songdo illustre quelques limites éthiques et pratiques auxquelles une SmartCity peut se heurter. Comme le respect de la vie privée dans la collecte et le traitement des données, l’inégalité d’accès d’un point de vue financier, ou encore la place et le ressenti d’un citoyen lambda dans un environnement si intelligent.